La zone refuge : un besoin essentiel pour certains chiens

Je travaille majoritairement avec des chiens traumatisés, des chiens évalués 2 ou 3, des chiens anxieux, hypersensibles ou présentant des 𝘁𝗿𝗼𝘂𝗯𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝘂𝘅 𝗶𝗺𝗽𝗼𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁𝘀. 

Parmi les premières choses que je fais mettre en place, il y a presque toujours la création d’une véritable zone refuge.

Beaucoup de ces chiens vivent dans un état d’hypervigilance permanent. Leur système nerveux reste constamment en alerte, comme s’ils devaient toujours anticiper un danger et 𝗴𝗲́𝗿𝗲𝗿 𝘁𝗼𝘂𝘁𝗲𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝘀𝗶𝘁𝘂𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀. Certains ont connu la maltraitance, l’abandon, des violences, des environnements instables ou simplement des situations qu’ils n’ont jamais réussi à gérer émotionnellement.

Dans ces cas-là, la mise en place d’un espace de sécurité clair et prévisible peut changer énormément de choses.  

Pas un endroit où l’on envoie le chien lorsqu’il dérange. Pas un endroit utilisé comme punition, pas un outil d’obéissance.

𝗟𝗮 𝘇𝗼𝗻𝗲 𝗿𝗲𝗳𝘂𝗴𝗲 𝗮𝗽𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗮𝘂 𝗰𝗵𝗶𝗲𝗻.

C’est d’ailleurs toute la différence avec le “à ta place”, qui est un outil d’éducation et de gestion du comportement. Le “à ta place” sert à apprendre au chien à aller sur un emplacement précis lorsqu’on le lui demande.

La zone refuge, elle, n’est soumise à 𝗮𝘂𝗰𝘂𝗻𝗲 𝗶𝗻𝗷𝗼𝗻𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻. Elle existe pour permettre au chien de souffler, de redescendre émotionnellement et de retrouver un 𝘀𝗲𝗻𝘁𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝘀𝗲́𝗰𝘂𝗿𝗶𝘁𝗲́ lorsqu’il en ressent le besoin. 

Cette zone peut être un coin calme de la maison, un espace aménagé ou encore une cage ouverte et suffisamment grande. Contrairement aux idées reçues, une cage bien utilisée peut devenir un véritable cocon sécurisant pour certains chiens à condition qu’elle reste en 𝗮𝗰𝗰𝗲̀𝘀 𝗹𝗶𝗯𝗿𝗲 𝗽𝗲𝗿𝗺𝗮𝗻𝗲𝗻𝘁 et qu’elle soit toujours associée à quelque chose de positif.

Ce qui compte réellement, ce n’est pas la forme de la zone refuge, mais ce qu’elle représente émotionnellement pour le chien.Dans cet espace, 𝗿𝗶𝗲𝗻 𝗱𝗲 𝗻𝗲́𝗴𝗮𝘁𝗶𝗳 ne doit jamais se produire  On ne vient pas le gronder. On ne le force pas à en sortir. On ne laisse ni les enfants, ni les visiteurs, ni les autres animaux venir l’envahir 

Si une interaction est nécessaire, alors on demande d’abord au chien de quitter 𝗹𝘂𝗶-𝗺𝗲̂𝗺𝗲 sa zone refuge. Avec le temps, cet espace devient souvent un repère émotionnel stable, 𝘂𝗻 𝗲𝗻𝗱𝗿𝗼𝗶𝘁 𝗽𝗿𝗲́𝘃𝗶𝘀𝗶𝗯𝗹𝗲, un endroit où le chien comprend enfin qu’il n’a rien à gérer.

Et parfois, dans le travail comportemental, réussir à offrir ce simple sentiment de sécurité représente déjà 𝘂𝗻𝗲 𝗶𝗺𝗺𝗲𝗻𝘀𝗲 𝗮𝘃𝗮𝗻𝗰𝗲́𝗲.